CV Falsifiés : la face sombre des candidats
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CV Falsifiés : la face sombre des candidats

December 05, 2016 Corinne Bidallier

Dans l’une de nos derrières contributions, inspirée de l’expérience du Docteur Frankenstein qui créa un homme de toutes pièces, nous soulignions le potentiel et les risques associés au progrès technologique dans la gestion des ressources humaines. Nous nous demandions à quoi ressemblerait l’employé du futur, concluant que l’évolution du travail impulsée par le numérique n’était pas une expérience dont on aurait perdu le contrôle, mais une véritable évolution avec ses bons et mauvais côtés, comme dans l’histoire du « Dr Jekyll et M. Hyde ». Pour les recruteurs, cette sombre parabole incarne le plus grand casse-tête : détecter les mensonges des candidats.

Mr Hyde, animateur sur M6

« L'Étrange Affaire du Dr Jekyll et de M. Hyde », roman de Robert Louis Stevenson, relate l’histoire du jovial Docteur Jekyll qui, en buvant une mystérieuse potion, réussit à séparer le « mauvais » côté de son âme du « bon » côté. Cela le mène à un dédoublement de personnalité : le réputé Dr Jekyll se transforme la nuit en M. Hyde, un criminel sans scrupules qui ne recule devant aucun mensonge, aucune tromperie ni aucun meurtre. Ce roman mondialement connu est une allégorie sur l’ambivalence du caractère humain, dont la personnalité peut parfois se diviser. Si horrible que cette histoire puisse paraître, de tels exemples existent bel et bien dans la réalité et ceux qui passent pour exemplaires mènent parfois secrètement une double vie.

Par exemple, Bastien Cadeac, cet entrepreneur qui présente l’émission Capital depuis la rentrée, est accusé d’avoir truffé son CV de postes fantômes, et de se qualifier de serial entrepreneur avec une seule startup, qui a fait un flop. La chaîne M6 a pris sa défense, mais l’image du serial entrepreneur à succès engagé pour parler d’économie en a pris un coup.

Candidat le jour, falsificateur la nuit

Ce phénomène n’est pas l’apanage du milieu médiatique : il devenu presque normal, dans le travail, de mettre un masque et de se créer une personnalité plus présentable socialement. Les recruteurs le savent mieux que personne. Il est difficile d’évaluer combien de candidatures, d’attestations et de CV sont maquillés. Mais une enquête de CarrierBuilder réalisée sur un échantillon de 2500 responsables du recrutement, dévoile que 56% d’entre eux ont déjà été confrontés à des CV falsifiés. Plus d’un sur deux

Les Directions des Ressources Humaines n’ayant souvent ni le temps ni les moyens de vérifier la véracité des candidatures, ils confient de plus en plus fréquemment cette tâche à des détectives privés. Ces agences de fins limiers ne traquent plus les petits escrocs, comme jadis Sam Spade (« Le Faucon Maltais »). Aujourd’hui une de leurs spécialités est de faire la lumière sur les candidatures douteuses.

Vérifier les informations, tout en respectant la vie privée des candidats

Toutes les entreprises ne souhaitent cependant pas externaliser ce processus. Mais il n’est pas si facile pour un employeur d’obtenir des données personnelles sur les candidats. Les informations sensibles ne peuvent être obtenues qu’avec l’accord préalable de ceux-ci. Et s’ils sont nombreux à préférer retirer leur candidature plutôt que de donner leur feu vert, cela ne signifie pas forcément qu’ils ont falsifiés leurs documents : la plupart n’accepte tout simplement pas l’idée que l’employeur puisse accéder à certaines informations sur leur vie privée, et cela peut se comprendre. Les DRH se retrouvent donc dans l’impasse.  

Il faut avouer qu’il est parfois difficile de distinguer le bon grain de l’ivraie. Lorsqu’un candidat transforme une période de chômage en une période d’activité en free-lance, on ne peut pas franchement parler de falsification ni de mensonge ; il s’agit tout au plus d’un maquillage habile pour enjoliver sa situation, certainement dénué de mauvaises intentions.

Les entreprises ne sont pas totalement sans défense. Si la supercherie est révélée, même des années plus tard, cela constitue un cas de tromperie qui peut justifier un licenciement. De plus, l’entreprise pourra réclamer à l’imposteur des dommages et intérêts et le remboursement d’une partie du salaire, puisque l’employé n’aurait jamais obtenu un tel salaire sur la base de ses références réelles. Mais le meilleur moyen de démasquer les tricheurs, c’est de leur demander de nombreuses précisions. En effet, peu de charlatans peaufinent leurs mensonges jusque dans les moindres détails.

Un mensonge en entraîne un autre

Pourquoi tant de gens, même des jeunes promis à un bel avenir, sont-ils tentés par de telles méthodes ? Les perspectives du marché du travail sont-elles si mauvaises ? Visent-ils des postes au-dessus de leurs qualifications ? Ou bien est-ce le résultat d’années de déceptions au sein des entreprises ? Le fait est que de nombreux employeurs potentiels trichent aussi en faisant miroiter des opportunités de carrière qui ne se réalisent jamais.

Depuis des centaines d’années les psychologues s’interrogent sur ce qui peut pousser des personnes tout à fait bien loties à s’écarter du droit chemin et basculer du mauvais côté, à laisser libre cours au M. Hyde qui se cache en chacun de nous.

Ce qui est certain, c’est que ceux qui ont déjà falsifié des papiers ont plus de risques de tomber dans la criminalité ou tout au moins dans l’illégalité : un mensonge en entraîne un autre…

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