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Future of Work

Génération free lance !

March 16, 2015 Corinne Bidallier

Plus qu’un phénomène de mode, une vraie tendance de fond ! Le travail en free lance, loin des contraintes du contrat à durée indéterminée (CDI) qui de toute façon se raréfie, connaît un engouement sans précédent.  Aux Etats-Unis, 99% des créations d’emplois entre 2000 et 2011 seraient liées à la flambée du travail indépendant. Le mouvement est tel que certains journalistes américains parlent de « freelance nation », à côté du marché du travail classique. Une nation libre et affranchie des codes en entreprise, maître de leur temps et de leurs projets, épanouie dans ce nouveau rapport au travail. 

En Angleterre, 44 % des recrutements se font en free lance. La France est encore loin de pareils scores. Mais face aux aléas des carnets de commandes, les entreprises externalisent de plus en plus leurs missions en les confiant à des experts de tous poils. Flexible, mais aussi souvent plus économique car leurs tarifs sont généralement compétitifs. Au total, notre pays compte déjà 200 000 consultants indépendants, 700 000 free-lances et 982.000 autoentrepreneurs à la fin de l’année 2014.

Au cours des quinze dernières années, leur nombre a explosé de 83 % !

La conjoncture n’explique pas tout. Bien sur, l’Hexagone fait face à un chômage endémique qui oblige juniors et seniors à se repositionner sur le marché de l’emploi et à accepter des missions plutôt qu’un hypothétique CDI. Au delà de l’intégration professionnelle, ce type de statut permet aussi à l’Etat de faire sortir des statistiques de Pôle emploi toute une frange de la population. Pratique quand la montée de la précarité rend impopulaire n’importe quel gouvernement.

Au delà de la crise qui frappe toute l’Europe depuis 2008, l’explosion des free lance témoigne aussi d’une volonté de travailler différemment, d’une quête de sens. La jeune génération qui a vu ses parents trimer sans forcément être récompensés à leur juste valeur veut pouvoir s’épanouir au boulot. Les start-up, initiatrices de nouveaux modes de management plus agiles et par projets, cherchent aussi à s’affranchir d’un contrat de travail devenu trop rigide. Le lien de subordination, historiquement destiné à compenser la relation de domination de l’employeur sur le travailleur, devient plus ténu. Seul compte alors ce qui unit le manager au collaborateur, dans une logique de résultat. Dans ce cadre là, l’indépendant avec un grand « I » offre un cadre idéal pour celui ou celle qui aspire à ne dépendre que de lui-même et de sa propre réussite.

Sur le papier, ce développement hors du salariat peut apparaître comme précaire. Corvéables à merci, « jetables » du jour au lendemain au gré des besoins du business, ces travailleurs du XXIème siècle ne bénéficient pas des filets de protection du CDI (sécurité sociale, mutuelle, assurance-chômage…). Les plus malins préfèrent donc cumuler un job fixe avec une activité en free lance. On les appelle les « slashers ». Le slash, c’est cette barre oblique qui sépare deux mots évoquant un même sujet. Aujourd’hui, cet anglicisme qui a vu le jour voilà une dizaine d’années aux Etats-Unis et trois ans en France, désigne les pluriactifs. Ingénieur/formateur, serveur/chauffeur Uber, secrétaire/cuisinière à domicile… Ces « serial jobers » seraient déjà 4,5 millions, soit 16 % des actifs, selon une étude réalisée pour le salon des micro-entreprises. Chez les moins de 30 ans, la proportion atteint même 22 % !

Pour 64 % d’entre eux, valoriser une palette de compétence sous toutes ses facettes est même un choix plus qu’une contrainte alimentaire. Alterner un métier passion avec un métier de raison permet alors de se réaliser autrement.  

La percée de l’économie collaborative n’est pas étrangère à l’éclosion du phénomène. Airbnb, BlaBlaCar, Drivy… Ces plateformes vivent et croissent grâce à cette nouvelle catégorie d’individus qui ont intégré « le travailler comme je veux » et en ont fait un mode de vie. Le gouvernement réfléchit d’ailleurs à les doter d’un véritable statut plus protecteur, dans le cadre du projet de loi présenté le 9 mars en conseil des ministres par Myriam El Khomri, ministre du Travail. La création du compte personnel d’activité, prévue pour début 2017, doit leur permettre de cumuler des droits à la formation et à l’assurance-chômage entre autres comme n’importe quel salarié. De quoi doper un peu plus leur nombre dans les années qui viennent. Un vrai challenge pour les entreprises qui vont devoir se montrer à la fois souples et créatives pour gérer la carrière de collaborateurs désireux d’être libres tout en étant motivés. 

Parmi les multiples mutations qui transforment l’entreprise en profondeur (technologie, globalisation, raccourcissement des cycles…) l’émergence des écosystèmes est sans conteste l’une des plus marquantes. L’entreprise étendue embrasse aussi tous ces collaborateurs extérieurs qui œuvrent à son développement. Les conséquences sont multiples : nouvelles organisations du travail, nouveaux outils, nouveaux rythmes mais aussi nouvelles approches de la marque employeur, du recrutement et de la gestion des talents. 

Désormais, la question et de l’engagement et de la motivation de toutes les parties prenantes de l’entreprise étendue, y compris de collaborateurs externes, se pose sous un nouveau jour. Ces électrons libres ont aussi le droit d’être formés, fidélisés et évalués quasiment au même titre qu’un collaborateur interne. Le risque étant, sinon, de les voir parti un jour et de devoir à nouveau en sélectionner d’autres. Une perte de temps et de savoir-faire… L’organisation « liquide », adaptable et souple prend alors tout son sens mais avec de nouveaux défis considérables à relever.

 

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