Gamification : le succès est un jeu !
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Gamification : le succès est un jeu !

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Gamification : le succès est un jeu !

December 01, 2017 Corinne Bidallier

Toutes les entreprises savent qu’il faut intéresser les équipes pour accroître leur motivation. Mais au-delà de l’amélioration de la performance à court terme, l’essentiel est de favoriser le développement des collaborateurs sur le long terme.

Il y a fort à parier que la plupart d’entre nous, surtout depuis les années 90, ont fait leurs premiers pas dans le numérique par le biais des jeux vidéo, que ce soit sur un Atari, une console Nintendo, la Xbox ou la PlayStation. Ce qui est étonnant, c’est que les ingrédients d'un bon jeu vidéo n’ont presque pas changé depuis les années 90. « The legend of Zelda », créé en 1998, qui combine énigmes, disciplines et épreuves en tous genres, a redéfini les règles du jeu vidéo. La recette est depuis restée la même : sortir victorieux des épreuves, résoudre des énigmes permet d’augmenter son score et d’accumuler des points d’expérience. À la fin d'un module ou d'un niveau, on reçoit des récompenses et des trophées. À chaque niveau, la difficulté augmente.

Depuis 2010 environ, le jeu est utilisé de plus en plus souvent dans le monde du travail. C’est ce que l’on appelle la « gamification ».  Une étude de l'université de Denver a démontré que les collaborateurs qui ont suivi une formation ludique de ce type obtiennent des résultats 14 % plus élevés lorsqu'il s'agit d'utiliser les nouvelles compétences apprises. Un intérêt pour les RH qui n’a pas échappé à Gartner qui considère que la gamification va devenir un élément incontournable de la gestion du capital humain.

Comment les entreprises peuvent-elles appliquer avec succès ces mécanismes de jeu dans leurs pratiques quotidiennes ? Et quels sont les domaines qui se prêtent le mieux à cet exercice ?

« Infotainment » : informer, enseigner et former, tout en se divertissant

C’est surtout dans le domaine de la formation que la gamification a fait ses preuves depuis quelques années, car elle permet de développer les compétences de façon innovante. Plutôt que d’envoyer les collaborateurs dans des séminaires rébarbatifs pour se voir délivrer un « certificat de réussite », mieux vaut les « faire voyager ». Et pour partir du bon pied, voici quelques règles à observer :

Transparence du statut : dans les jeux vidéo, des « barres » indiquent au joueur leur position dans le déroulement du jeu. Dans les modules de formation, ce type de système se révèlera très utile pour informer les collaborateurs de leurs progrès. Lorsqu’ils atteignent un certain nombre de points, l’entreprise peut leur offrir une récompense, par exemple une carte cadeau. Ce genre d’astuce peut aider à les « sortir » du mode « pilotage automatique » des tâches quotidiennes et les inciter à collaborer avec leurs collègues. Mais il ne faut, en aucun cas, perdre de vue l’expérience individuelle des joueurs afin d’arriver à les stimuler sans leur imposer une pression trop importante, qui se révèlerait contre-productive.

La quête : c’est l’élément le plus intéressant. La quête héroïque est un terme apparu dans les jeux de rôles mythiques qui se déroulent dans des mondes fantastiques, comme « World of Warcraft ». Dans les formations en entreprise, le passage au niveau supérieur peut se matérialiser par des énigmes, des épreuves, des résolutions de difficultés, et bien sûr l’accumulation de points de bonus. Là encore, il est primordial de ne jamais perdre de vue l’expérience du joueur. Les contenus doivent être présentés de façon simple, intéressante et attrayante pour susciter l’adhésion.

Imaginons une entreprise souhaitant évaluer les compétences relationnelles de candidats. Sachant que c’est en situation que celles-ci apparaissent le plus clairement, elle pourra proposer un défi pour lequel les candidats n’auront que certaines ressources à leur disposition. En matière de jeux de recrutement, le groupe hôtelier Marriot a par exemple lancé sur Facebook un jeu intitulé « My Marriot » pour présenter les multiples aspects de la gestion d’un hôtel. « Les Sims » version hôtelière, en quelque sorte.

Classement : L’accumulation des points et des records est l’un des principes essentiels du gaming. Mais se mesurer aux autres n’est intéressant que si cela se fait de façon ludique et si le classement est transparent. En milieu professionnel, c’est précisément de cette manière que l’on aboutit à un vrai travail d’équipe. A un niveau avancé, les collaborateurs pourront, dans certains modules, jouer les uns contre les autres ou choisir des partenaires pour additionner les compétences et se soutenir mutuellement. Avec le temps, on pourra classer les modules les plus appréciés afin que les nouvelles recrues puissent identifier immédiatement les outils les plus utilisés et les formations les plus pertinentes pour eux.

Des informations sélectionnées : Au-delà des aspects ludiques, le contenu informatif est essentiel. Dans les jeux vidéo, l’information permet aux joueurs d’évoluer et de s’orienter facilement. C’est le même cas dans une formation : les utilisateurs ne doivent voir, tout au long de leur quête, que les informations utiles pour eux, comme les options disponibles ou les informations relatives au fonctionnement du jeu. Il ne faut pas inonder le joueur de détails incompréhensibles qui détourneraient son attention. Mais les contenus doivent s’alimenter mutuellement.

Gaming et gamification : est-ce vraiment différent ?

Prenons l’exemple de la plateforme de la startup Sell & Pick, dans le secteur de la gastronomie. Il s’agit d’un logiciel qui aide les équipes de service à identifier leurs forces et les domaines dans lesquels ils doivent s’améliorer, et de voir où se situe l’équipe par rapport aux objectifs. La mécanique du jeu est idéale pour travailler sur les comportements : la personne est-elle capable de travailler en équipe ? Dans quelle situation partagera-t-elle l’information pertinente ? De tels scénarios seront plus faciles à créer dans un environnement ludique que par le biais d’exercices effectués dans un centre de formation.

Certains dirigeants restent cependant toujours sceptiques quant à la valeur ajoutée de la gamification : le monde du travail et du divertissement n’ont-ils pas toujours été opposés dans notre culture ? Cependant, les exemples tels que Plantville de Siemens (qui n’est ni plus ni moins qu’un jeu de simulation de construction, un mélange de Sim City et de Farmville), illustrent tout l’intérêt des outils de gamification. En effet, si au premier abord, avec sa présentation amusante, Plantville a l’air d’être un jeu comme les autres, il a permis en réalité de simuler des processus extrêmement techniques. Et il a conduit à la mise au point de solutions de fabrication innovantes. Ainsi, le jeu a dépassé les limites de la formation pure et simple, pour générer une forte valeur ajoutée pour l’entreprise.

Dans le domaine du développement des collaborateurs, la « HR Management Cup » nous offre un exemple également intéressant. Au cours de cette manifestation, sponsorisée en Allemagne par Cornerstone, les participants issus de tous les domaines de la gestion des RH ont pu endosser le rôle d’un directeur des ressources humaines de l’industrie automobile pour se mesurer les uns aux autres dans un jeu de simulation.

On peut dire sans risque de se tromper que l’homme, avec son appétit pour le jeu et le divertissement, a tendance à mieux réagir aux nouveaux défis lorsqu’ils sont présentés de façon ludique, que lorsqu’ils lui sont assénés à coup d’ennuyeux PDF à lire dans un délai donné. Et pourtant, les deux méthodes ont le même objectif. Il vous faut donc repenser entièrement la formation selon le principe de la gamification. L’essentiel étant de réapprendre à jouer.

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