Heureux télétravailleur !
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Heureux télétravailleur !

December 12, 2015 Corinne Bidallier

Vous en aviez rêvé, votre chef vous l’a accordé : travailler de chez vous deux jours par semaine et économiser ainsi deux heures de transport. A vous les journées allégées mais plus concentrées, les courses à l’heure du déjeuner et les enfants récupérés à la sortie de l’école. En pleine vogue dans les entreprises, le télétravail gagne du terrain. Doucement mais sûrement. Ce n’est certes pas le boom dont certains ont rêvé, mais cette nouvelle flexibilité géographique incarne cette souplesse que salariés et direction recherchent à l’heure de l’entreprise 2.0.

La France compterait 16 % de télétravailleurs en 2012, selon le rapport de Bruno Mettling, ancien DRH d’Orange. Un chiffre largement surévalué si l’on en croit l’Observatoire du télétravail et de l’ERGOstressie. Sur les 500 000 salariés interrogés, cet organisme en recense à peine 2 % travaillant à domicile. Même dans le secteur des NTIC, la proportion dépasse rarement les 10 % comme chez Accenture, ou les 7 % chez Orange et Cap Gemini.

Depuis 2012, le législateur encourage pourtant les entreprises à négocier un cadre précis à des pratiques qui étaient par le passé souvent accordées de gré à gré. Aujourd’hui, elles doivent faire l’objet d’un avenant au contrat de travail précisant les horaires, conditions de travail à domicile, le nombre de jours concernés et les contreparties financières (frais d’électricité, ADSL, équipement…). Un volet de l’entretien annuel d’appréciation doit également lui être dédié pour évoquer charge et organisation du travail.

Mais sur le terrain, gérer des bataillons de collaborateurs éparpillés dans la nature ne va pas de soi. Comme dit l’adage, « loin des yeux, loin du cœur »… Nombre d’entreprises redoutent de voir le lien de subordination se distendre. Or, des outils existent pour veiller à la bonne réalisation des objectifs. Réunions régulières d’équipe, suivi de l’activité en ligne et du temps de travail, social learning, contacts vidéo…  Sans chercher à espionner le homeworker, les managers doivent inventer un autre rapport hiérarchique basé sur la confiance. Qui, au final, se révèle plutôt gagnant.

Perçu au départ comme un privilège généralement accordé lors d’un déménagement, le passage au homeoffice se traduit par de nombreux avantages pour les acteurs de l’entreprise. Partant du principe qu’un travailleur épanoui est un travailleur plus productif, il génère d’abord d’intéressantes économies. A en croire une étude de l'institut Cebr (Centre for Economics and Business Research), des conditions de travail plus flexibles engendreraient un gain de près de 9,8 milliards d’euros par an pour l'économie française, soit 0,5 % du PIB ! Rien qu’en coûts de transport, à raison de deux jours de télétravail hebdomadaire, les économies annuelles s'élèveraient à 1,7 milliard d’euros, avec une réduction de 247 millions d'heures de trajets !

Surtout, loin de faire la sieste aux heures de bureau, le télétravailleur intensifie son temps de travail. Culpabilisant parfois vis-à-vis de ses collègues contraints de rester dans l’open space, il enchaîne les journées à rallonge pour ne pas être soupçonné de se la couler douce à la maison.  Près des deux tiers des salariés interrogés par l’Observatoire du télétravail pointent ainsi une hausse de leur temps de travail. Plus concentrés car moins dérangés par la présence des collègues, ils raccourcissent leur pause déjeuner et mettent à profit les heures de trajets gagnées pour… travailler plus !

Mais la liberté de s’organiser comme on le veut a un revers : la porosité entre la sphère privée et professionnelle. Bureau et maison se confondent pour former un tout qui empêche de déconnecter. La solitude du télétravailleur, l’éloignement avec le collectif du travail, peuvent aussi être sources de désarroi et de craintes d’être « oublié ». C’est pourquoi de nombreuses entreprises préfèrent investir dans des espaces partagés où se réunissent les télétravailleurs de différents secteurs mais proches géographiquement.

Visant à améliorer l’efficacité des collaborateurs en leur permettant de choisir leurs horaires et espace de travail, ainsi que les outils qu’ils préfèrent pour mener à bien leurs missions, le « smart work » séduit de plus en plus, y compris des collectivités territoriales désireuses d’attirer de nouvelles populations de travailleurs nomades. Flexibilité, autonomie et responsabilisation sont les trois éléments contribuant à un meilleur équilibre du salarié. Pour ce dernier, c’est un moyen de pallier la rupture de lien social accompagnant souvent le télétravail. Les entreprises bénéficient quant à elle d’importantes hausses de productivité et baisses de coûts (notamment liés aux espaces physiques).

Ainsi, la Seine-et-Marne, mais aussi l’Auvergne, proposent des espaces hyper innovants où chacun peut venir se connecter. Les frais sont mutualisés et les technologies de pointe. De quoi nourrir des échanges, partager des modes de travail et tisser des liens avec d’autres communautés. Un enrichissement qui profite à tous, y compris à l’entreprise. 

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